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Les finances familiales

06 octobre 2015

Martyne Huot
Auteur(e)

Martyne Huot

Fondatrice du Réseau Familles d'Aujourd'hui. Auteure, conférencière.

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Les finances familiales

Cet article est tiré du livre Y a-t-il un parent dans la salle?, de Martyne Huot. 

Plus encore que le sexe, l’argent est le tabou numéro un des Québécois. Notre salaire, le prix de vente de notre maison, la pension alimentaire qui nous est versée: tout cela appartient à la sphère privée et, pour beaucoup, en parler relève de la pire des indiscrétions.

Certes, il existe bien une chaîne de télévision consacrée à ce sujet, le canal Argent, mais on y parle de l’argent des autres, du cours de la Bourse, de la dette nationale ou de l’inflation, et jamais de ce que la vie coûte au quotidien à des gens ordinaires, à vous ou à moi. De même, on aura beau se plaindre en public du prix de l’essence qui monte en flèche ou du pouvoir d’achat qui dégringole, jamais on n’entrera dans le détail de ses dépenses et de ses revenus personnels. Certains préféreraient sans doute faire un strip-tease que de divulguer leur salaire!

On attribue tant de pouvoir à l’argent qu’on craint toujours de ne pas en gagner assez ou… de toucher un moins bon salaire que le voisin. Dans notre société, la réussite financière est un signe de réalisation personnelle, et le manque d’argent, le sceau d’un échec cuisant. Pourtant, il y a un monde entre être pauvre et manquer d’argent. Et aucun jugement moral ne devrait être associé à ces situations.

Au Québec, 16% des familles vivent sous le seuil de la pauvreté, c’est-à-dire qu’elles ne disposent pas des ressources nécessaires pour joindre les deux bouts. Ces familles, qui se trouvent aux prises avec des problèmes financiers quasi permanents, peuvent difficilement améliorer leur sort. En revanche, bien des gens (dont moi-même) ont traversé une mauvaise passe durant leur vie – perte d’un emploi, séparation, coup dur – qui les a mis temporairement dans le besoin. Même s’ils savaient que cette situation n’allait pas s’éterniser, ces gens-là avaient toutes les peines du monde à avouer leurs difficultés financières. Car le manque d’argent est perçu aussi négativement que la maladie ou les handicaps: il suscite un jugement moral ou, pis encore, il provoque le rejet. Et la plupart du temps, les personnes confrontées à ce problème se refusent à faire appel à leurs amis, à leur famille ou aux organismes communautaires créés justement pour leur venir en aide (organismes dont le financement provient, dans bien des cas, des deniers publics). Le cas des ACEF (Associations coopératives d’économie familiale), qui offrent une aide précieuse à ceux qui y ont recours, est révélateur à cet égard. Les ACEF accomplissent un travail incroyable, notamment en ce qui concerne les finances personnelles. Des experts y offrent aux familles de l’aide en matière de planification financière; de plus, ils donnent de l’information sur des sources de financement potentielles et fournissent un arsenal de renseignements permettant de dresser (et de respecter) un budget. Toutes les familles ont intérêt à consulter une de ces associations au moins une fois. Pourtant, les ACEF restent méconnues du public ou sont considérées à tort comme des œuvres de bienfaisance.

S’il est tabou de parler d’argent, que dire de la négociation qu’on s’amuse à dénigrer. Elle est perçue comme un marchandage grossier. Et pourtant, on débat bien le prix d’une maison qu’on veut acheter! Pourquoi ne pas négocier aussi avec son agent de voyage ou avec l’entreprise de déneigement avec qui on fait affaire chaque hiver ? Avec d’autres gens du voisinage, vous pourriez par exemple soumettre à cet entrepreneur une offre collective prévoyant qu’il se rende dans votre coin pour déneiger plusieurs entrées de garage à la fois au lieu d’une seule, ce qui fera baisser ses frais et sa facture. Ayant pris un tel arrangement avec mes propres voisins, j’ai vu ma facture annuelle de déneigement diminuer de 80$, un petit montant que je consacre à d’autres besoins.

Même chose pour le tutorat des enfants ou la femme de ménage. Avec quelques maisons à nettoyer aux alentours de la mienne, celle-ci fait une économie sur ses déplacements et peut se permettre de réduire d’autant la facture de ses clients. Tout le monde en bénéficie.

Il est vrai que le gouvernement fait figure de piètre modèle côté finances. Les abus sont partout et grugent considérablement le budget des finances publiques. Pensons seulement aux déplacements de nos ministres ou de nos députés; s’ils conduisaient leur propre véhicule au lieu de se faire transporter en grande pompe en voiture officielle avec chauffeur (quand ils ne prennent pas l’avion pour se rendre de Montréal à Québec pendant que le chauffeur amène le véhicule à destination pour récupérer le haut fonctionnaire à l’aéroport!), tout cela pourrait être employé dans les mesures sociales ou pour le remboursement de la dette! «Question de sécurité nationale», prétend notre gouvernement. Ah bon. Si nos fonctionnaires utilisaient davantage les courriels (au lieu de s’évertuer à envoyer des courriers postaux), si on limitait les secrétariats de ceci ou de cela, les instances de droite et de gauche, les commissions pour ci ou ça, cela ferait toute une différence dans la gestion des finances publiques! Moins de tables de concertation et d’études financées par le gouvernement, c’est autant d’économies faites pour aider concrètement les citoyens qui en ont vraiment besoin.

Au moment d’aller sous presse, on apprenait que le ministre Harper avait coupé les subventions accordées aux organismes reliés à la cause du féminisme. En dépit de l’impopularité que cette mesure peut susciter, je suis personnellement en accord avec cette coupure. La ministre de la Condition féminine a fait savoir que ces budgets seraient investis désormais auprès d’organismes qui agissent concrètement, sur le terrain, à aider les femmes aux prises avec des difficultés. À cela je dis «bravo! » Pourquoi continuer à financer des organismes spécialisés dans la guerre des sexes avec l’argent des contribuables ? Cet argent est bien plus utile sur le terrain que dans les groupes qui alimentent la controverse et la propagande.

Si les politiciens peuvent diminuer la facture des finances publiques, vous le pouvez aussi. Miser sur l’économie est une brillante idée. Car payer moins cher, ce n’est pas faire la preuve qu’on est radin ou pauvre. C’est être astucieux et mettre son énergie à la bonne place.

Source: Y a-t-il un parent dans la salle?, Martyne Huot, éditions Transcontinental, 174 pages, 19,95$

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