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Corps empruntés.

12 février 2014

Sylvia Tessier
Auteur(e)

Sylvia Tessier

Maman débordée et parfois dépassée qui partagera ses anecdotes cocasses, ses idées, ses crises de folies sur les joies d'être une maman glam & amoureuse.

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Corps empruntés.
J'étais ce type de fille qui se valorisait beaucoup par son apparence. Certes, l'intellect y était, mais l'image que je projettais m'importait énormément. Je savais quelle partie mettre en évidence versus laquelle camoufler. On fait avec ce... qu'on a comme disait ma grand-mère Tessier. Malgré mes complexes, j'aimais bien ce que le bon Dieu m'avait donné & je comptais bien en faire ressortir le maximum.

Je croyais innocemment que la grossesse changerait mon anatomie un p'tit peu. Peut-être quelques vergetures dissimulables, assurément un surplus de poids traitable et des seins gonflés profitables! Ma soeur m'a longtemps répété que "j'avais un corps pour enfanter". Était-ce un compliment? Je ne l'ai jamais su. Je crois que c'était sa façon de me dire qu'elle enviait mes courbes voluptueuses et mon assurance à les posséder. De mon côté, je jalousais ouvertement son 110 lbs mouillé, mais AVEC la poitrine généreuse. Quelle injustice la vie!

Ma première grossesse se passa comme dans un rêve. Ou plutôt, comme dans ma vision. Une prise de poids normale, parsemée de peu de maux de femmes enceintes. Aucune vergeture, mais aucune paire de lolos gigantesque non plus. Un travail facile, un accouchement rapide et pas douloureux, bref le meilleur des mondes.

J'ai regardé les changements qu'apportait la maternité en moi et j'en ai apprécié les résultats. Je me sentais si belle, si femme, si... tout! Une métamorphose qui s'infiltrait jusqu'à mon cerveau, me laissant dans une béatitude complète. Les hormones travaillait fort et tout opérait à la perfection. J'étais comblée, bien fière d'avoir traversé cette phase charnière de ma vie, sans trop de traces.

Excitée comme une puce, j'étais prête à accueuillir un 2e enfant. Rien de plus simple. La 2e fois est même plus facile à ce qu'il paraît. Et c'est exactement là que je me suis plantée de croire tout ce que je lis.

Ma deuxième grossesse se passa comme dans un cauchemar. Du début à la fin. Les nausées, la fatigue, les étourdissements, la sensibilité extrême, les reflux & beaucoup de larmes. J'ai pris pas moins de 52 lbs, un peu partout, car j'avais un petit ventre pour une 2e visite de la cigogne.

Mes seins. Si fermes et ronds sont davantage ovales. Moins début vingtaine, évidemment. La brassière est de mise en tout temps, sinon c'est triste à regarder;

Mes bras. Pas athlétiques, mais en santé sont davantage expressifs quand je fais "bye bye" de la main. Disons que ça gigote plus que c'est souhaité;

Mon ventre. Ce fameux ventre. Dur, défini, avec un semblant d'abdos jamais éclos. Toujours fidèle, malgré les rages de fast food répétitives. Le bourrelet permanent qui s'est logé juste sous le nombril, un espèce de beigne de peau indestructible. Oui toi, je te hais;

Mon tour de taille. Pas du 2 ou du 4, mais un 7 très féminin et confortable. La limite entre être trop mince ou légèrement overweight. Mon 7 chanceux. Disparu. Je ne mettrai pas ta photo sur la pinte de lait, mais j'espère ardemment ton retour;

Mes hanches. Un peu large, mais rien à voir avec les chevaux. Tsé, la culotte de cheval là...? Depuis, ça a a voir à mon grand désespoir;

Mes cuisses. Juste correct. Qui frotte pas surtout. Aujourd'hui, je marche 3 coins de rue et ça chauffe. J'ai les jambes flasques et ça me fait pleurer. (Ok, y'a le manque d'exercices de responsable aussi pour ce problème);

Mes fesses. Mon drame. Bien galbées, à la Jennifer Lopez (dans ma tête). Elles ont grossi aussi rapidement que le bébé dans mon ventre. Excepté que le bébé est sorti lui. Asteure, mon popotin régit ma vie & toutes mes décisions alimentaires. Maudite affaire!

La cellulite, les vergetures et les varices. Tant de mots affreux dans une si petite phrase! Je n'ai pas besoin d'en rajouter. Chaque VRAIE femme en a un peu de chaque ou beaucoup d'un seul. R.I.P. à nos belles peaux lisses de nos 16 ans.

Mon visage. Sévère, mais frais. Pas trop de rides, jamais de cernes. Un p'tit blush all natural chaque matin. Je ne me reconnais plus. Yeux bouffis, traits tirés. J'ai l'air plus vieille, plus mature également.

J'étais ce type de fille qui se valorisait beaucoup par son apparence. J'avais tout faux. Je n'avais pas un plus beau corps qu'aujourd'hui, parce que je n'avais pas porté la vie en moi. Maintenant que j'ai donné naissance, j'ai un regard amoureux devant le miroir. En dépit des lignes colorées qui s'y sont ajoutées. Je n'ai plus envie de parader ou d'exhiber mes atouts, car je sais pertinemment que j'ai changé. J'apprivoise cette nouvelle silhouette en me disant qu'elle m'a permise d'avoir les deux plus belles fillettes de l'univers & ça, c'est le summum de la beautée.

Mon corps m'a été prêté pour permettre à mes enfants d'arriver parmi nous. Des corps empruntés. Des corps heureux.
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