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Dors ma belle mamie, dors maintenant.

01 juin 2015

Sylvia Tessier
Auteur(e)

Sylvia Tessier

Maman débordée et parfois dépassée qui partagera ses anecdotes cocasses, ses idées, ses crises de folies sur les joies d'être une maman glam & amoureuse.

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Dors ma belle mamie, dors maintenant.

~Il est au alentours de minuit vendredi passé lorsque j'arrive enfin à la maison palliative. On dirait que ça m'a pris 1000 heures pour m'y rendre. J'ai reçu l'appel de mon beau-père m'annonçant que notre "Mamie Coco" était près de son dernier souffle.

Les yeux embués, la tête fatiguée, le coeur gros, je pénétrai dans le bâtiment qui allait devenir la maison éternelle de ma belle-mère. Elle me manquait déjà. D'un pas incertain, je me dirigeai vers sa chambre. Je devais lui parler. Lui dire quoi? Comment surtout? Elle était plongée dans une sorte de coma, luttant dangereusement pour sa vie. Il lui en restait pas long. Les médecins l'avaient dit.

Je n'étais assurément pas prête à ça. On ne l'ai jamais, certes, mais il me semblait qu'elle prenait du mieux. Soudainement, tout a changé de bord. Mes pensées également. Les questions se bousculaient. Mes pieds s'entremêlaient même. Chaque pas vers elle me paraissait lourd. J'étais étourdie par le chagrin si c'est possible.

Voilà que je me tenais devant cette porte. Celle qu'il m'était toujours aussi difficile d'ouvrir. Spécialement cette nuit-là, puisqu'on m'avait dit que de la regarder serait plus ardue que jamais. Comment ça se pourrait? Et pourtant.

J'ai poussé doucement sur la poignée et je l'ai vu. Comme un coup en plein visage, j'ai stoppé net. Comme si je m'étais trompée de pièce. Comme si elle n'avait pas pu changer autant en si peu de temps. C'était bien elle pourtant.

Le visage émacié. La bouche ouverte. Les muscles ne répondaient plus. Elle était si maigre. Je n'y croyais pas. Le bout de ses doigts étaient d'un bleu frappant. On entendait que sa pénible respiration, qui se heurtait aux 4 murs qui nous entouraient. J'ai eu mal. Trop mal. S'il y avait quelqu'un dans notre famille qui aimait vivre & le partager, c'était elle. Dieu devait avoir besoin du meilleur ange possible dans ses rangs, c'est la seule explication que je trouvais à cet instant précis pour m'encourager. Autrement, je n'aurai plus la foi.

Je m'installai sur la chaise près de son lit & j'éclatais immédiatement en sanglots. Cette proximité m'atteignit droit au coeur. Je pris sa main & la flattai délicatement. Comme la mère qu'elle avait été pour moi l'aurait fait. Cette femme, c'était une sainte. Carrément. Jamais de méchanceté, jamais de faux pas. Les treize années où j'ai eu le privilège de l'avoir dans ma vie s'envolaient maintenant en fumée. Impossible. Pas elle. Le corps vide de larmes, mes yeux ne quittaient pas sa poitrine. Guidée par ses respirations, je suivais les mouvements que celles-ci produisaient, en sachant pertinemment que chacune d'elles pouvaient être la dernière.

Plus rien n'existait. Son mari, ses fils & nous, les brus, étions silencieux & pensifs. Effondrés, il va s'en dire. On se regardait sans trop savoir quoi faire, quoi se dire. Seule notre peine nous liait & l'atmosphère était plus que chargée. Combattant le sommeil, installés sur nos chaises inconfortables, nous patientions. Attendre la mort, c'est de loin l'expérience la plus profonde & la plus traumatisante qui peut arriver à quelqu'un.

À tour de rôle, je regardai mes proches en vivant leurs émotions. Un mari qui devient veuf. Des fils, orphelins de mère. Des brus dévastées. Je pensai également à mes filles. Mes petites filles qui ne savaient pas encore la perte qu'elles auraient à affronter. Parce que leur mamie, c'était précieux. "Mamie Coco" la divine. Toujours l'attention, la sucrerie ou le câlin au bon moment. Toujours à 4 pattes pour rire, jouer & donner tout son amour à sa descendance. Toujours là. Toujours. Je suis anéantie que la vie leur aie enlever ça. C'est injuste. Tellement!

J'ai dû quitter vers la maison passé 3 heures du matin. Le quotidien avec les enfants et le travail ne se soucient pas des épreuves semblables. Cette nuit-là, j'ai laissé une partie de mon être là-bas. Juste à côté de son oreiller. Je sais qu'elle était rassurée. Après lui avoir rendu hommage en paroles, juste nous deux, elle & moi, je lui ai glissé un: "Dors ma belle mamie, dors maintenant." Elle est partie à 6h47 ce même matin.

Bon voyage Carole. Tu ne seras jamais oubliée, grande dame. Je t'aime profondément.

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