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Anxiété et insécurité chez un enfant : comment réagir?

29 mars 2016

Étienne Gaudet
Auteur(e)

Étienne Gaudet

Étienne Gaudet est psychoéducateur depuis plus de 20 ans. Il intervient auprès d'adolescents présentant des problèmes de consommation ainsi qu'auprès de leurs familles.

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Anxiété et insécurité chez un enfant : comment réagir?

Vous est-il déjà arrivé, comme adulte, de vous trouver dans une situation où vous étiez dépassé par les événements? Un nouvel emploi où vous doutiez de vous-même? Une séparation? Une crevaison sur une route déserte et pas de réseau sur votre cellulaire? Un rendez-vous hyper-important où la personne attendue ne se présente pas.

Les enfants, les petits comme les plus grands, sont aussi confrontés à ce genre de défi :  une séparation des parents, l’arrivée dans une nouvelle école, une maladie, un déménagement, des abus, des promesses non tenues, etc. Comment réagissent-ils?  Qu’est-ce qui est normal et qui ne l’est pas? Comment accompagner nos enfants dans cette période tumultueuse et adaptative?

Voici quelques pistes d’intervention pouvant vous aider, parents, à intervenir de manière efficace auprès de vos enfants et à les supporter dans leurs épreuves.

1-La vérité, toute la vérité…

Normal pour un enfant de s’accrocher à son rêve, à son monde imaginaire, à son idéal…  Par contre, la réalité est quelquefois tout autre. Dans ces situations, des parents, bien attentionnés, peuvent être tentés d’enjoliver les faits ou de maquiller la réalité afin d’éviter à leur enfant de vivre de la peine, de la déception, etc. D’autres parents, eux aussi soucieux du bien-être de leur enfant, vont leur « lancer » au visage la vérité toute crue sans nuance ni ménagement.

Mon conseil : Mieux vaut la vérité nuancée qui fait mal que le conte de fée qui ne se réalisera jamais. Avant d’aborder le sujet avec votre enfant, prenez bien le temps, comme adulte, de prendre conscience de vos propres émotions : il y a fort à parier, si la situation vécue par votre enfant vous rend triste, fâché ou désespéré, que vous transmettrez vos émotions à ce dernier. Dans ce cas, difficile pour vous d’assurer votre rôle de soutien et de protection si vous êtes vous-même atterré, en pleurs ou prêt à mordre. Donc, comme parent, prenez le temps « d’avaler » le morceau et de le digérer avant d’aller vers votre enfant. Prenez également le temps de choisir le moment, l’endroit et les bons mots pour aborder la situation avec votre enfant. Par exemple, évitez d’annoncer au téléphone à votre fille de 9 ans que son père vous quitte et qu’elle vivra en garde partagée avec « l’écoeurant et sa nouvelle blonde » dès la semaine suivante. Utilisez des mots que l’enfant pourra comprendre, sans toutefois maquiller la réalité. Vous devez également exprimer vos émotions à votre enfant. Par exemple : « Papa et moi, nous nous séparons : il a une nouvelle amoureuse. Ça me rend triste et un peu fâchée! Mais papa et moi, on demeure tous les deux tes parents et ça, ça ne change pas. Mais je vais tout faire pour que cela ne vienne pas trop virer ta vie à l’envers ». Mais surtout, évitez d’utiliser votre enfant comme une arme de vengeance ou d’en faire un confident ou un ami; cela pourrait l’amener à vivre dans un triangle émotif qui serait très inconfortable pour lui.

2- Comme parent, il faut répéter et recadrer!

Une fois les mots « dits », il faut s’assurer que l’enfant ait bien compris la situation. Il n’est pas rare qu’un enfant utilise le déni ou son monde imaginaire afin d’éviter de vivre des émotions difficiles. Par exemple, il pourrait penser « mes parents vont revenir ensemble; ce n'est pas vrai qu’on va déménager; ma grand-mère n’est pas morte, elle va revenir bientôt; mon père va venir me voir cette fin de semaine parce qu’il me l’a promis, etc. ».  Bref,  il pourrait tenter de trouver de l’apaisement dans un rêve où il peut croire ce qu’il veut.

Mon conseil : 100 fois sur le métier, remettez votre ouvrage! Je suis convaincu que vous savez déjà comme parent qu’une de vos tâches principales est de répéter à votre enfant des messages et des consignes afin qu’il finisse (éventuellement!) par comprendre. De la même façon, dans les cas de traumatismes émotifs, vous devez être le pôle de réalité pour votre enfant afin que ce dernier note l’écart entre ce qu’il veut et ce qui arrive réellement.  En notant objectivement les faits (« Eh non! Papa, qui avait promis de te prendre cette fin de semaine, n’est pas là! ») et en lui permettant d’exprimer son état affectif (« Qu’est-ce que tu en penses? Comment tu te sens? Comment pourrais-tu lui dire pour te libérer un peu le cœur? »), vous aidez votre enfant à se connecter à la réalité et à ses émotions. Ainsi, il sera plus en mesure de gérer efficacement les prochains écarts qui pourraient survenir entre son rêve et la réalité.

De plus, évitez de mêler vos émotions aux siennes. Ne faites pas porter à l’enfant votre vécu émotif, mais soyez plutôt disponible pour qu’il puisse exprimer le sien.

3- La régression : réaction normale!

Lorsque l’ennemi est trop fort, il est tentant pour l’être humain de prendre un pas de recul afin de refaire ses forces et de se préparer à contre-attaquer. Votre enfant peut être  exactement dans la même situation : lorsque le défi qui lui est proposé dépasse ce qu’il peut livrer, il peut utiliser la régression vers d’anciens comportements afin de retrouver un peu de sécurité et de réconfort qui lui manquent. Les comportements peuvent être variés et peuvent différer d’un enfant à l’autre. En voici quelques-uns parmi les plus fréquents : pipi au lit, forme de langage « bébé », recherche de proximité avec le parent (se l’accaparer, vouloir dormir avec lui, etc.), trouble du sommeil et retour à des jeux liés à un stade antérieur de développement. Ce qu’il faut retenir ici, c’est que l’enfant exprime son malaise émotif par son comportement.

Mon conseil : Voilà une situation difficile à vivre pour un parent! Comment réagir? Refuser à votre enfant le droit de « régresser » sainement? Accepter totalement son comportement en espérant que celui-ci passe avec le temps? Profiter de ce temps « béni » où vous pouviez jouer au parent tout-puissant en étant le seul à pouvoir combler les besoins de votre enfant? Être rigide et lui mettre de la pression afin qu’il poursuivre son développement? La meilleure des réponses est un mélange des attitudes précédentes : il faut savoir rassurer son enfant sans l’infantiliser ou en profiter pour reprendre le contrôle sur lui. Ce qui importe, c’est d’être capable, comme adulte, de nommer à l’enfant ce que vous observez, de tenter de mettre des mots sur son malaise et de définir jusqu’où vous êtes prêt à tolérer la régression. De la même façon, en faire trop comme parent et dépasser ses propres limites (accepter de le reprendre dans votre lit, accepter qu’il s’adresse à vous en « bébé ») peut amener l’enfant à s’installer de manière confortable dans sa régression et à rester « collé » à cette étape de son développement.

4- Valoriser ses forces et ses compétences

Pas facile pour un enfant, lorsque sa réalité s’écroule, de réussir à croire en lui-même. Souvent, lorsque la crise arrive, il peut se laisser envahir par l’anxiété et l’insécurité et ainsi perdre temporairement ses moyens et se sentir tout à fait inefficace. Pourtant, avant les événements traumatisants, l’enfant était capable de réaliser plein de défis! Vous pourriez, comme parent, être tenté de passer toute la journée à lui répéter « tu es beau, tu es bon, tu es capable », mais au bout du compte, son estime de soi reste à plat…

Mon conseil : C‘est votre rôle, cher parent, de vous assurer que les compétences personnelles de votre enfant ne se dégonflent pas devant les épreuves qu’il vit. Souvent, devant les difficultés, l’enfant peut perdre ses repères, douter de lui-même et être tenté de tout abandonner. Au contraire, vous devez amener l’enfant à être proactif et à continuer d’être en mouvement dans les zones où il est en contrôle et compétent.  L’estime de soi ne se vend pas au kilo à l’épicerie du coin, mais il est nécessaire pour que votre enfant maintienne de saines activités de vie (sportives, scolaires, relationnelles, artistiques, etc.). En maintenant son estime de soi, vous outillez votre enfant à faire face aux difficultés futures auxquelles la vie devrait assurément le confronter!

Étienne Gaudet est psychoéducateur, auteur et conférencier. Vous pouvez consulter son site Internet au www.etiennegaudet.com. Vous pouvez aussi vous procurer ses livres :

Ado-défi : Stratégies pour mieux vivre l’adolescence, Éditions Publistar, 2013

Drogues et adolescence : Réponses aux questions des parents, 2e édition, Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine, 2009

Des mots d’ados, Éditions de l’Homme, 2006

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