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Le Québec fou de ses enfants : Vraiment?

29 septembre 2015

Étienne Gaudet
Auteur(e)

Étienne Gaudet

Étienne Gaudet est psychoéducateur depuis plus de 20 ans. Il intervient auprès d'adolescents présentant des problèmes de consommation ainsi qu'auprès de leurs familles.

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Le Québec fou de ses enfants : Vraiment?

Même si la température est encore clémente, il faut se rendre à l’évidence : l’été est bel et bien fini!  Les enfants ont repris le chemin de l’école et leurs parents sont de retour au travail : boulot, devoirs, leçons et boîte à lunch.  Pas le choix : c’est l’automne et celui-ci s’annonce chaud dans les rapports entre le gouvernement et ses employés.  Aux premières lignes de ces tensions sociales, le personnel de l’école (enseignants, intervenants, direction) et vos enfants.  Le gouvernement tente de négocier un certain statu quo sinon un recul dans les conditions offertes au personnel : ces orientations ont un impact réel sur les services spécialisés offerts aux élèves (psychoéducation, orthopédagogie, orthophoniste, éducation spécialisée), mais aussi sur l’ensemble des étudiants (nombre d’élève en classe, augmentation des lourdeurs administratives entourant la tâche des enseignants, lourdeur dans la gestion de classe liée à l’intégration d’élève aux besoins particuliers).

 Déjà, la bataille est amorcée dans les classes et les médias : chaîne humaine autour des écoles lors de la rentrée, coupure des activités parascolaires (pas de sortie aux pommes cette année!), école à deux vitesses lors des journées pédagogiques dues aux coupures budgétaires («Maman n’a pas de sous, tu ne peux pas sauter sur les jeux gonflables!»).  Certains enseignants ont tenté d’expliquer la situation aux enfants lors des premiers jours de l’année scolaire.  Certains parents se sont plaints que leurs enfants étaient devenus des otages dans le cadre des négociations.  Quelle position prendre?  Doit-on soutenir le personnel scolaire qui est au cœur du développement de nos enfants?  Faut-il plutôt lancer la pierre à ces « gâtés » du système qui ont plein de congés durant l‘année, une permanence d’emploi et un fonds de pension bien garni?

Premièrement, la profession d’enseignant a évolué au Québec au cours du dernier siècle : fini les « Émilie Bordeleau », les écoles de rang, les communautés religieuses.  Le rôle de l’enseignant s’est modifié;  la vocation est devenue une profession!  Par contre, comme je côtoie  quotidiennement le personnel enseignant, je peux témoigner que la majorité d’entre eux sont encore porteurs de cette fibre « vocationnelle » : alors même s’ils ne sont plus payés 300$ par année et qu’ils ne chauffent plus de poêle à bois dans leur classe, les enseignants sont des professionnels engagés qui ont à cœur le développement de vos enfants.

Deuxièmement,  quelles sont nos priorités comme société? Je comprends bien le besoin qu’a l’État québécois de bien gérer son budget, mais où nos dollars doivent-ils aller? Je ne suis pas un économiste, mais un humaniste.  Et je peux vous assurer que le meilleur investissement demeure celui fait auprès de nos enfants : un enfant aimé, encadré, éduqué deviendra un adulte épanoui, responsable et fonctionnel.  Donc si comme société nous sommes prêts à débourser 70$ de l’heure pour entretenir nos voitures ou 90$ pour qu’un technicien vienne évaluer l’état de fonctionnement de nos électroménagers, j’espère que le 50% d’impôts et de taxes que nous payons sera investi dans un secteur aussi névralgique que celui de l’éducation!  Faites part de vos préoccupations à votre député et à votre commissaire scolaire : si nous tous faisons un appel, écrivons un message ou marchons au côté des enseignants lors des prochaines manifestations, notre message sera clair :  Je veux donner à mes enfants toutes les chances de bien grandir!

Enfin, ne soyez pas trop sévère avec les moyens de pression utilisés par le personnel scolaire cet automne : ce qu’ils souhaitent vraiment, c’est d’être entendus par leur vis-à-vis dans le cadre de la négociation actuelle, mais aussi de permettre à vos enfants de recevoir toutes les chances de se développer dans un environnement propice et stimulant.  Vous pouvez prendre un peu de temps avec vos enfants pour leur expliquer que l’école, c’est comme une famille : il y a des désaccords, des explications et des conflits, mais que le but c’est de trouver une manière de vivre ensemble pour que tout le monde y trouve son compte!  Un enfant peut très bien comprendre ce qui se vit dans son école et dans sa société : cela fera de lui un citoyen renseigné, responsable et engagé!

Etienne Gaudet est auteur de plusieurs livres et articles concernant le développement de l’enfant et de l’adolescent.  Il est également un conférencier recherché auprès des associations de parents.  Vous pouvez consulter son site web au www.etiennegaudet.com

Crédit photo : Radio-Canada

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