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Comment parler de la mort aux enfants

26 janvier 2015

Famille d'Aujourd'hui
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Famille d'Aujourd'hui

Le réseau Familles d’Aujourd’hui est un réseau d’information en matière familiale, spécialisé dans la conciliation travail-famille.

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Comment parler de la mort aux enfants

J'ai eu la difficile tâche d'annoncer le décès de la mère de ma conjointe à mes trois garçons âgés respectivement de sept, six et quatre ans. Comment peut-on arriver à faire comprendre à de jeunes enfants le départ soudain de quelqu'un avec qui ils ne conservent que de bons souvenirs?

Raymond.

Voici quelques points de repères qui vous aideront à mieux répondre aux questions de vos enfants:

  • Les enfants font face très tôt à des représentations partielles ou symboliques de la mort comme l'absence d'une personne chère, la fleur qui se fane, la mouche écrasée sur la vitre, la chenille qui devient papillon, l'animal décédé puis, un jour, celle d'une personne connue. On peut se servir de ces parallèles pour expliquer le cycle de la vie, dont la mort fait partie.

  • Les chercheurs ont trouvé que l'enfant perçoit la mort différemment selon son âge :

    • De quelques semaines à deux ans, l'enfant peut vivre une angoisse de séparation, mais on ne peut toutefois parler de réactions de deuil qu'au stade de l'acquisition du langage et de la symbolisation, qui se situe vers 18 mois. Les enfants de cet âge ont une perception aiguë de tout changement dans l'atmosphère lorsqu'une personne proche décède ou meurt. S'il s'agit de la mère, ils peuvent exprimer leur détresse par de la colère, par des larmes (réactions d'extraversion) ou au contraire, par de l'apathie. Il est important d'expliquer dans des mots simples ce qui se passe et d'assurer la présence aimante d'une personne substitut capable de répondre à leurs besoins primaires (nourriture, affection, caresses, sécurité).

    • De deux à cinq ans, les enfants parlent, mais ne maîtrisent pas encore la notion du temps. Ils peuvent poser des questions très concrètes (ce que mangent les personnes mortes, si elles ont froid, s'ils peuvent parler à la personne décédée, si elle reviendra pour leur anniversaire, etc.) et croient les réponses qui leur sont données, d'où l'importance de répondre avec franchise, clarté et simplicité, sans déformer la réalité. Ils associent la mort à l'immobilité et confondent parfois la mort et le sommeil, ce qui leur laisse croire que la personne décédée va revenir. 

      Il est important de :

      • bien différencier le sommeil et la mort et ne pas dire de la personne décédée qu'elle « fait dodo »;

      • de ne pas associer le décès à un voyage (« Elle est partie pour un très, très long voyage »), car l'enfant de cet âge risquerait alors de développer une forte angoisse si vous devez partir pour un petit ou grand voyage par la suite;

      • garder des routines rassurantes et maintenir une continuité dans le rythme de vie. La détresse de certains enfants se manifeste par une période de régression où ils veulent être traités comme de petits bébés. D'autres, par un accès d'agressivité. D'autres continuent « comme si de rien n'était », mais il faut s'assurer que cette indifférence ne cache pas solitude et douleur. Dans tous les cas, il faut les accueillir dans cette réaction et être patient, c'est généralement temporaire.

    • De 6 à 9 ans, l'enfant comprend mieux les notions abstraites. Il intègre progressivement la notion d'irréversibilité de la mort. Il comprend que la mort est universelle. Lorsque c'est une personne significative pour eux qui est décédée, la réaction de deuil peut se manifester par la diminution de la concentration ou du rendement scolaire, le repli sur soi, la tristesse ou encore l'hyperactivité et l'irascibilité. Parfois ses rêves traduisent ses préoccupations. Il est bon de l'encourager à les raconter ou à dessiner. L'enfant devient parfois anxieux, à la pensée que ses propres parents ou d'autres personnes aimées pourraient mourir bientôt. Rassurez-le en lui faisant comprendre que la mort n'est pas « contagieuse » et que vous prenez tous les moyens pour vivre longtemps et être présent pour lui, même si la mort est inévitable pour tous car elle fait partie du cycle de la vie. 

      Il est important de :

      • Bien expliquer les circonstances de la mort (accident de la route, maladie, etc.) car certains enfants mal informés peuvent se croire indirectement responsables du décès et vivre de la culpabilité (par exemple l'enfant au stade de la pensée magique qui croit qu'une mauvaise pensée de sa part peut se réaliser). On peut lui dire explicitement qu'il n'y est pour rien dans cette mort, l'assurer de toute notre affection et notre protection.

      • Partager vos sentiments: « Oui, nous avons tous beaucoup de chagrin parce que nous aimions mamie, papa, grand-maman, etc. C'est comme ça quand meurt une personne qu'on aime. On a de la peine. On est triste. On pleure. On se sent mal. On parle entre nous de la personne qui est morte, mais on continue de vivre et petit à petit, cela fait moins mal. » Cette attitude dédramatise la situation, confirme les perceptions des enfants et les encourage à s'exprimer. Bref, la meilleure façon d'aider les enfants en deuil demeure la communication ouverte en leur donnant des explications à la mesure de leur compréhension avec des mots justes.

      • Être patient : l'enfant a souvent besoin de reposer les mêmes questions, c'est normal.

Des références

Certains livres peuvent aider les enfants à traverser l'épreuve du deuil. En voici quelques-uns que vous pourrez trouver ou commander en librairie et faire lire à vos enfants:

  • Dubé, J. L'Horloge s'est arrêtée, Éd. Pierre Tisseyre, 1990.

  • Danielsson, T et Gydal, M. Olivier perd son grand-papa, Éditions Héritage, 1975.

  • Alex, M. Grand-papa et moi parlons de la mort, Éd. Héritage, 1986.

  • Shook, Hazen B. Pourquoi grand-papa ne revient-il pas? Éd. des Deux coqs d'or, 1986.

  • Plante, Anne. Histoire de Charlotte (pour expliquer la mort à un enfant qui va perdre un grand-papa ou une grand-maman), Éd. Paulines, 1992.

J'espère que ces informations vous seront utiles. Merci de votre confiance.

Joe-Ann Benoit, psychothérapeute familiale et auteure

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