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Découvrez la psychologie de l'enfant menteur

23 février 2015

Famille d'Aujourd'hui
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Découvrez la psychologie de l'enfant menteur

Par Christian Geiser, La Presse

Votre enfant est un menteur. Vous aussi d'ailleurs! En lisant Psychologie du menteur, vous allez passer de la déception à la désillusion. Vous apprendrez que dès l'âge de 3 ans, Junior essaie de vous faire avaler des couleuvres. Pire encore, c'est de vous qu'il a appris les secrets du mensonge et de la manipulation.

Eh oui, nos enfants vont à bonne école! Combien de fois, après une invitation particulièrement ennuyeuse, avons-nous dit que cela était le pire souper de notre vie? Pourtant, toute la soirée, ils nous ont vus de bonne humeur, serrant les mains avec joie tout en distribuant des commentaires flatteurs. Belle contradiction! «On apprend très tôt aux enfants à manipuler leur entourage», croit Claudine Biland, psychologue sociale spécialisée dans la communication non verbale et qui vient de publier laPsychologie du menteur. Car c'est ce que nous faisons. 

Les jeunes enfants, qui ne maîtrisent pas encore parfaitement le langage, sont d'ailleurs très sensibles au non-verbal. Ils comprennent vite que l'on peut manipuler avec des gestes et des émotions. Ils se rendent facilement compte du changement de notre expression entre le moment où on remercie avec enthousiasme une tante pour sa belle cravate brune à pois verts et l'instant où on peut la lancer en riant dans la poubelle. Non seulement ils comprennent, mais ils sont également capables d'en discerner (même confusément) les avantages. Et ils les mettent en application. 

Ainsi, les études de la psychologue lui ont permis de constater que, dès l'âge de 3 ans, les enfants sont capables de cacher quelque chose. Mais ce n'est pas nécessairement malin. «Ils ne contrôlent pas le concept de mensonge.» C'est plutôt afin d'éviter une punition qu'ils tenteront de maquiller la vérité. Parfois nous les rendons complices. Par exemple, quand on leur adresse un petit clin d'oeil tout en assurant au cuisinier maladroit que sa dinde est succulente (même si on l'impression de manger un de ces plats déshydratés préparés pour les aventuriers). 

«Qu'un enfant se permette trois mensonges par jour est normal, rassure-t-elle. Il découvre que cela fait partie des outils indispensables dans les relations interpersonnelles.» Les parents n'ont toutefois pas à s'inquiéter devant cette «prédisposition» au mensonge. «Les enfants sont des humains comme nous. S'ils peuvent s'éviter une punition en ayant recours à un tel stratagème, c'est compréhensible. C'est quand ils roulent tout le monde sans cesse qu'il faut commencer à se poser des questions.» Si on s'aperçoit qu'un enfant ment tout le temps, c'est fort probablement qu'il a un problème d'estime de soi. Il ne veut pas décevoir les autres, alors, il a recours à cette stratégie de crainte d'attrister ceux qu'il aime. «Il faut leur apprendre qu'ils peuvent faire des erreurs et qu'on ne cesse pas de les aimer pour autant.»

C'est vers 10-11 ans que le mensonge devient plus fréquent. «Les professeurs qui enseignent à ce groupe d'âge constatent alors une explosion.» Coincé entre l'enfance et l'adolescence, le jeune n'a pas encore trouvé ses repères. Pour se sortir des situations embarrassantes (mauvais résultats scolaires par exemple), il l'utilise alors plus souvent. La séparation des parents peut aussi accentuer le recours au mensonge. En effet, les exigences contradictoires de loyauté et les tensions entre les parents mettent les enfants dans une position où la transformation de la réalité devient le seul moyen d'éviter qu'une situation, déjà compliquée, ne dégénère. 

Quand même, ne vous inquiétez pas trop si votre plus jeune pille le pot à biscuits en cachette et accuse sans ciller le poisson rouge familial. La mythomanie, n'a jamais été diagnostiquée chez un enfant. «Un individu ne devient mythomane qu'une fois complètement développé.»

Détecter les menteurs

Avant 8-9 ans, il est généralement facile de détecter les mensonges. «Les enfants oublient presque immanquablement un détail. Ils n'ont pas les moyens cognitifs de tout mettre en place pour que le mensonge se tienne.» En fait, même pour les menteurs aguerris, il est difficile de répondre à des questions, car ils doivent s'assurer que la mystification qu'ils ont élaborée reste cohérente. Mais plus le menteur est âgé, plus il a de facilité à emberlificoter les autres. Expérience oblige. 

Rassurez-vous. Dans le cadre de ses recherches, Claudine Biland a mis au point une grille permettant de discerner des signes pour savoir si on est en train de vous mener en bateau. Des signaux (mouvement des yeux et des jambes, débit de la voix, hésitations, etc.) bien interprétés permettent de détecter les mensonges. 

Que faire quand on se rend compte qu'on nous ment? L'auteure conseille de ne pas confronter directement le menteur. Cela peut être très vexant et le braquer. Elle suggère plutôt de l'amener lui-même à se découvrir, en posant des questions sans dire ce que l'on sait précisément, par exemple. Voilà, il ne vous reste qu'à louer de vieux Columbo et amener votre Pinocchio en herbe à se démasquer. 

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PSYCHOLOGIE DU MENTEUR, Claudine Biland, Odile Jacob, 255 pages, 2004.

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