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Questions/réponses sur le TDA/H

20 octobre 2015

Johanne Lévesque, neuropsychologue
Auteur(e)

Johanne Lévesque, neuropsychologue

Dre Lévesque partage son temps entre la pratique clinique, la réalisation de projets de recherche et les conférences.

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Questions/réponses sur le TDA/H

1) Comment différencie-t-on le TDA du TDAH, ou d’un enfant simplement actif (superactif)?

Un enfant qui a reçu un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention ou TDA est un enfant qui a des difficultés à rester attentif sur une longue période de temps ou encore qui a de la difficulté à se concentrer sur quelque chose sans se laisser distraire par ce qui se passe autour de lui. S’il fait quelque chose qu’il aime ou qui l’intéresse, il y arrivera plus facilement. Un enfant qui en plus d’avoir des difficultés d’attention ne peut s’empêcher de bouger, même s’il le souhaite, ou encore qui agit de façon impulsive, sans réfléchir, recevra plutôt un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité et/ou impulsivité ou TDAH.

Par contre, un enfant qui aime bouger, qui est actif, mais qui réussit à arrêter si on le lui demande, n’est pas hyperactif. La clé ici, c’est d’avoir le contrôle sur le fait de bouger ou d’arrêter. Même chose pour l’attention. Quelqu’un qui n’a pas de problème d’attention sera en mesure de demeurer attentif la plupart du temps, s’il le choisit. Un enfant qui a reçu un diagnostic de TDA ou TDAH n’a pas cette capacité. Il est davantage « victime » de son incapacité à demeurer attentif ou à ne pas bouger.

2) Pourquoi tant de diagnostic du TDA et TDAH aujourd’hui? Est-ce que nous sommes trop alertes à en venir à ces diagnostics?

Les données ne sont pas claires à savoir si le nombre de diagnostics de TDA ou de TDAH a augmenté au cours des dernières décennies. Dépendamment des mesures utilisées, certaines études montrent que oui, alors que d’autres indiquent le contraire. Dans les écoles, il est certain qu’un enfant qui a de la difficulté à demeurer attentif ou qui est facilement distrait attirera rapidement l’attention du professeur, surtout si ses résultats scolaires semblent en souffrir. De la même façon, les enfants qui parlent ou bougent beaucoup et qui le font à des moments inopportuns en classe, attireront également l’attention du professeur. Une chose est certaine : il y a plusieurs raisons pour lesquelles un enfant peut être inattentif ou agiter en classe. Il est très important d’éliminer des raisons comme un trouble d’apprentissage sous-jacent, des difficultés de nature émotionnelle ou encore d’ordre physique. Plusieurs outils peuvent être utilisés pour faire la part des choses dans tout ça. Seul un professionnel de la santé est vraiment habilité à établir un tel diagnostic.

3. Comment encadre-t-on notre enfant souffrant d’un trouble du TDA ou TDAH? Est-ce qu’on doit mettre des balises serrées ou laisser-aller? Existe-t-il des solutions autres que la médication pour aider les parents?

Les enfants qui ont un TDA ou un TDAH ont besoin d’un environnement structuré, fait de routines et d’habitudes. La meilleure façon de ne pas perdre ses clés, c’est de toujours les mettre au même endroit n’est-ce pas ? C’est la même chose dans le cas de ces enfants. Que ce soit la routine du matin ou du soir, ou encore une routine de révision d’une composition, ce type de fonctionnement peut pallier dans une certaine mesure aux lacunes attentionnelles qu’ils présentent. Bien que certains enfants souffrant d’un TDA ou d’un TDAH soient déjà très structurés, nombre d’entre eux ne le sont pas. Pour les aider à développer des stratégies d’organisation et de planification, les systèmes d’émulation sont souvent une bonne idée. Mais comme ce n’est pas naturel pour eux de s’organiser ou de planifier leurs activités, il faut être patient et pédagogue!

Il est important de leur demander des choses que vous savez qu’ils sont en mesure de faire. Et ce qu’ils ne sont pas en mesure de faire, il faut mettre des moyens en place pour les rendre le plus autonomes possible malgré tout. Par exemple, si vous savez que votre enfant arrive de l’école et laisse tout tomber devant la porte d’entrée : sac d’école, boîte à lunch, bottes, manteau et mitaines, il est important de votre côté de créer un système de rangement qui facilitera la routine d’arrivée à la maison. Aussi, vous pouvez installer un système de rangement amusant avec un pense-bête visuel bien en évidence, qui oblige l’enfant à suivre une séquence. Au bout de la séquence, pourquoi ne pas le diriger vers la table ou le frigo où il trouvera une succulente collation ? Je sais, c’est beaucoup de travail et de patience, mais ça en vaut la peine, croyez-moi ! On vise l’autonomie et la responsabilisation de nos enfants, pas la perfection, pour ce que ça veut dire.

Outre la médication, l’entraînement aux habiletés sociales et la psychothérapie particulièrement dans le cadre de l’approche cognitivo-comportementale peut aider ces enfants, particulièrement s’ils sont impulsifs ou hyperactifs. Le bio/neurofeedback est également un outil qui peut améliorer la qualité de l’attention et du contrôle moteur de ses enfants. D’ailleurs, les pédiatres américains ont statué que cette approche était d’efficacité égale (level 1 efficacy) à la médication psychostimulante. Cette information est disponible sur le site de l’Académie américaine de pédiatrie. Ils ont également classifié les autres moyens d’intervention par ordre d’efficacité, en fonction des études scientifiques publiées.

4. Peut-on se permettre d’arrêter la médication de notre enfant durant les vacances estivales?

  L’arrêt de la médication durant la période estivale est un sujet qui ne fait pas l’unanimité parmi les médecins traitants eux-mêmes. Alors que certains n’y voient pas d’inconvénient, d’autres le déconseillent fortement. En fait, si lors de l’arrêt de la médication durant cette période l’enfant ne vit pas d’inconvénient sur le plan social ou encore si dans ses activités quotidiennes durant l’été l’enfant ne souffre pas de son inattention, la plupart des médecins ne voient pas d’objection à ce que les enfants cessent leur médication. Par contre, si l’arrêt de la médication entraîne des inconvénients sur le plan social ou encore si au moment de reprendre la médication avant la rentrée scolaire l’enfant vit des effets secondaires importants, certains médecins recommandent de ne jamais cesser la médication.

5. Est-ce biologique? Est-ce qu’on peut transmettre de génération en génération ou c’est un mythe?

Les causes du TDA ou du TDAH n’ont pas été clairement identifiées. Par contre, on sait que des anomalies génétiques en lien surtout avec la dopamine, mais également avec d’autres neurotransmetteurs, sont souvent présentes chez ces enfants. Par ailleurs, en mars 2014, le Dr Philippe Grandjean, MD, et son collègue Dr Philip Landrigan, des chercheurs affiliés entre autres à l’université Harvard, ont publié un article scientifique dans le prestigieux journal Lancet neurology.  Dans cet article, ils ont identifié 11 composés chimiques communs qui sont associés aux divers troubles neurodéveloppementaux présents chez nos enfants, dont le TDAH. Alors jusqu’à maintenant, les causes du TDA ou du TDAH semblent pointer en direction d’une combinaison d’anomalies génétiques combinées à des facteurs environnementaux sous la forme de polluants chimiques. En raison des anomalies génétiques liées à ce trouble, il est effectivement possible de le transmettre d’une génération à l’autre. Dépendamment des études, on estime le taux de transmission de 70 à 80%.

Vous avez des questions?

Si vous avez des questions en lien avec le TDA/H, n'hésitez pas à nous les envoyer à redaction@famillesdaujourdhui.com et nous pourrons les transmettre à notre experte.

Source image : www.ufv.es

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